Au lendemain de la guerre, François Mathey, qui sera l'un des pères du Centre Pompidou, écrivait au sujet d'une exposition sur l'art roman : « Les jeunes peintres découvrant un art en accord avec leur instinct, ont eu, à cette occasion, la révélation d'une esthétique et d'une technique qu'ils recherchaient, moins pour s'en inspirer que pour leur servir de référence. » La même « référence » était invoquée en regard d'une photographie de Sénanque – dont la pureté abstraite annonçait déjà les éditions Zodiaque –, pour justifier l'influence cistercienne dans l'architecture de la reconstruction : « C'est ainsi qu'aujourd'hui les architectes étant obligés de réaliser des œuvres très dépouillées – tant par l'effet du tempérament moderne que sous la détermination des exigences matérielles – cette obligation les tourne vers les architectes cisterciens du XIIe siècle. Ils trouvent en eux d'incomparables entraîneurs. » Mais l'art roman ne se réduit pas à n'être qu'un catalogue de formes, source de références pour la peinture et l'architecture modernes. Il est aussi – et peut être avant tout – un art religieux et liturgique. La liturgie chrétienne en est la véritable source. « À quoi ça sert, toute cette beauté ? – se demandait François Cali en découvrant Le Thoronet – ... à prier, sept fois le jour et une fois la nuit. »
Auteur : Markiewicz Philippe (Fr)
Magazine : Arts Sacrés n° 2 Page : 32-65
Date : 16/11/2009
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